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« Carlo Sarrabezolles compte parmi les sculpteurs monumentaux français les plus importants de son temps. Associé à des architectes de renom comme Paul Tournon, Roger Expert, Joseph Marrast, Émile Dubuisson, Jacques Droz ou Jacques Carlu, il œuvra à des chantiers publics et privés à Paris (palais de Chaillot, Institut Eastman, faculté de médecine…), en province (Lille, Béthune, Privas, La Réunion…) et à l’étranger (Wilmington aux États-Unis, ambassade de France à Belgrade…).
Sarrabezolles inventa en 1926 la sculpture par taille directe du béton en prise qui lui permit de réaliser d’importants ensembles de statues colossales intimement liées à la structure architecturale : églises de Villemomble (1926), Élisabethville (1928), Saint-Louis de Marseille (1935), et La Gloire de la Seine (1931).
Portraitiste puissant, il modela et sculpta nombre de portraits en buste ou en médaillon de personnalités éminentes des sciences et des arts ; il restaura les figures sculptées par David d’Angers au fronton du Panthéon.
II participa activement aux expositions de 1922, 1925, 1931, 1937 et 1939, et obtint le grand prix en 1925 et en 1937. Plusieurs de ses œuvres sont classées Monuments historiques.»  Philippe Sorel

« Sarrabezolles a fait dépendre quant à lui l’innovation du matériau. Plutôt que la pierre de Carrare, il a élu le gris, le dur, l’inesthétique béton. Et cet artiste, à peu près inconnu de nos jours, est cependant le premier à avoir songé qu’à peine décoffré, point encore durci, le béton pouvait être taillé comme une pierre. Il a donc entrepris suivant cette méthode d’orner des églises, celle du Saint-Esprit à Paris, celle de Saint-Louis à Marseille et l’hôtel de ville de Lille. Il y a taillé directement, sans corrections ni repentirs possibles, des figures anguleuses et droites, symboliques évidemment, mais symboliques sans ridicule.
Ses dessins préparatoires témoignent d’un constant souci d’architecture de la sculpture et du désir de ramener mouvements et corps à un essentiel géométrique, si bien qu’il passe dans ses esquisses comme un air de cubisme cubisme auquel Sarrabezolles ne fut pourtant jamais tenté de se rallier. Lui aussi mérite mieux que l’oubli dont il a été accablé depuis sa mort.»

Philippe Dagen  – Le Monde 3/11/1989
«Bronze, Marbre, Béton – Exposition Carlo Sarrabezolles, un air de cubisme. Galerie Dumonteil, Paris VIIe»